La punaise de lit, un véritable guerrier à combattre !

Vous vous réveillez avec des piqûres extrêmement rouges et retrouvez des taches de sang dans votre lit ? Il semblerait que vous subissiez une invasion… non pas d’extraterrestres mais de punaises de lit ; ce qui est à l’heure actuelle pire que les extraterrestres. Voici donc la coupable :

La punaise de lit (Famille des Cimidae) regroupe deux espèces majeures : les Cimex lectularis et les Cimex hemipterus. La première est présente dans le monde entier, tandis que l’hemipterus se concentre principalement dans les zones tropicales. Une seule chose vous permettra de les différencier : leur couleur. En effet, Cimex lectarius est plus claire que Cimex hemipterus.

Ancien parasite de la chauve-souris à l’époque des hommes des cavernes, les punaises de lit s’attaquent à l’homme depuis maintenant 40 000 ans. Et non ce n’est pas un mensonge, beaucoup plus petites que Dracula (environ 5 mm) et beaucoup plus nombreuses aussi, elles viennent pendant votre sommeil pour aspirer votre sang… Cela peut alors causer des problèmes dermatologiques et allergiques.

 

MODE DE VIE

Facilement transportées par l’humain via les bagages, les bateaux, les trains etc… les punaises de lit se retrouvent particulièrement présentes dans les zones à forte densité et fréquentation humaines.

Étant des insectes nocturnes, elles se cachent la journée dans la literie et tous les endroits sombres disponibles dans la pièce. Ce n’est que la nuit qu’elles osent sortir de leur abri pour aller se nourrir. Elles sont capables de se déplacer dans un rayon de 10 mètres mais aussi de grimper les étages via les conduits d’aérations. De véritables sportives en somme ! Après chasse et péripéties physiques, elles utilisent les phéromones libérées par leurs déjections pour s’orienter et retrouver leur sombre tanière.

 

CYCLE DE VIE ET REPRODUCTION

Leur fécondation est dite « traumatique ». En effet, l’accouplement se déroule par nombreuses perforations violentes de l’abdomen de la femelle par le mâle. Cela engendre une forte probabilité de mortalité de la partenaire pendant l’acte. Si elle survit, elle est exposée à une possible infection par des micro-organismes pouvant la tuer.

Figure 2 : Image d’une punaise de lit femelle victime de la fécondation « traumatique », tirée de « Les punaises de lit Cimex lectularius et Cimex hemipterus – Biologie, Lutte et Santé publique », 2ème édition. CNEV, 2015, p. 24

Cependant, les femelles sont capables de pondre cinq à dix œufs par jour, soit environ 300 à 500 œufs durant leur vie. D’un point de vue évolutif, cette fécondité permet de compenser la forte mortalité induite par l’acte reproductif.

Le cycle de vie de la punaise de lit est très lent : entre 40 et 70 jours. Ceci explique le délai d’un mois entre l’infestation réelle et la découverte des sites d’invasion. Malheureusement, lorsque ces sites sont visibles, la colonie de punaises est déjà trop importante.

Ce cycle de développement se décompose en 5 stades. Chacun d’entre eux dure de 3 à 15 jours. Fait amusant, la condition sinéquanone pour évoluer au stade suivant est un approvisionnement en sang; mais arrivée au stade adulte, la punaise sera capable de survivre sans repas sanguin pendant 1 an et demi, voir 2 ans en conditions favorables.

Fig. 3 – Bedbugs development cycle From « Les punaises de lit Cimex lectularius et Cimex hemipterus – Biologie, Lutte et Santé publique », 2ème édition. CNEV, 2015, p. 24

MOYENS DE LUTTE

Lors de leur extermination, aucun seuil résiduel n’est acceptable, sinon l’invasion recommencera à nouveau. Il s’agit donc de mettre en place une véritable stratégie de combat !

Les stratégies d’attaque actuelles sont restreintes et très invasives car elles requièrent l’intervention de spécialistes : les désinsectiseurs.trices.

Ceux-ci maîtrisent l’art des produits fumigènes très toxiques. Mais leurs compétences sont à activité limitée… : la fumigation épargne les recoins des sommiers, matelas, fissures et autres…

Ainsi, une étape de tri du mobilier à posteriori de l’intervention, est indispensable.

Seront donc nécessaires :

  1. Une suppression d’un partie de l’ameublement,
  2. Une restauration totale des lieux (décollage du papier peint, de la moquette),
  3. Une décontamination des effets personnels qui se fait soit  :
  • A très haute température : 60°C et plus pour cibler les adultes, 110°C et plus pour s’attaquer à tous les stades de la punaise de lit.
  • A très basse température : au moins -20 C° pendant 4 jours (pour les vêtements donc),
  1. Une lutte chimique par des insecticides puissants,
  2. Et bien entendu une étape de sensibilisation ! Elle est la solution clef pour comprendre l’origine de l’infestation par les punaises de lit et prévenir d’une recrudescence future.

On peut alors découvrir l’existence de pièges attractifs (qui attirent la punaise de lit avec du gaz carbonique ou avec phéromones spécifiques), de housses de lit répulsives, de la terre de Diatomée, etc.

 

CONCLUSION

Nous pouvons retenir que la punaise de lit est un nuisible très robuste et très invasif, qui a un réel impact sur l’hygiène et la santé publique.

L’ensemble de la population peut se retrouver touché. Il apparaît donc bénéfique et même crucial d’améliorer voire suppléer les actuels moyens de lutte.

Notre équipe iGEM d’Aix-Marseille répond donc “présente”, pour explorer de nouvelles alternatives moins chères et moins contraignantes.

REFERENCES :

  1. Delaunay P, Berenger JM, Izri A, Jourdain F, Perrin Y, Robert V. , « Les punaises de lit Cimex lectularius et Cimex hemipterus – Biologie, Lutte et Santé publique », 2ème édition. CNEV, 2015, p. 24
  2. Anastay M. , Blanc V. , Del Giudice P. , Marty P. , Delaunay P. , « La punaise de lit :  un ectoparasite émergent », La Lettre de l’Infectiologue, Tome XXVI – n° 1, janvier-février 2011, p. 18

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